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Publié à l'origine
dans "The
Southern California Psychiatrist,"
May 1991, pp. 6-13.
Lors d'un article précédent
paru dans le SCPS de Juillet, j'avais fourni quelques données
historiques sur la scientologie. Cette secte guérisseuse
pseudo-scientifique formée dans les années 50 a
réussi à prendre
de l'ampleur grâce à des mensonges extravagants et à l'usage
sysstématique de tromperie, devenant ainsi une entreprise
internationale et milliardaire. La scientologie diffame régulièrement
ses critiques (moi par exemple) via son magazine privé "Freedom" (en
France, Ethique et Liberté), tandis qu'elle encense ses
amis, comme Thomas Szasz.
Elle dirige des opérations secrètes sophistiquées
et des campagnes de désinformation, soit directement, soit
par le biais d'organisations de façades comme le CCDH /
CCHR (comité des citoyens pour les droits de l'homme); le
but essentiel est de s'en prendre à la psychiatrie, en particulier
dans ses aspects biologiques, et de harrasser, décourager
et intimider les organisations privées et les critiques
individuels qu'elle catalogue parmi les "ennemis". L'office
central du CCHR fut établi à Los Angeles dès
1969; plusieurs autres sont répartis sur le territoire ainsi
qu'à l'étranger.
Le CCHR se cache souvent derrière les actions légales
ou personnelles entreprises contre des membres de l'APA (association
psychologique américaine) ainsi que contre les spécialistes
dans leur ensemble. Les tentatives - parfois réussies -
pour discréditer la psychiatrie sont exposées dans
des publications comme "le Bulletin des abus psychiatriques" et "Mise
au point sur la psychiatrie" [USA] . Ces efforts comprennent
nombre de poursuites en justice contre des médecins accusés
de négligence lors de prescription de Ritalin (méthylphénidate) à des
enfants qui, disent ces publications, souffrent d'effets secondaires
tels que: comportement aggressif et violent, retard de croissance,
hallucination, dépression suicidaire, céphalées
et spasmes nerveux. On notera que les deux sociétés
fabricant ce produit (Ciba Geigy de Summit, New Jersey, et M.D.
Pharmaceuticals de Santa Anna, California) ne sont pas défenderesses
dans ces affaires judiciaires. Le président du CCHR est
Dennis Clarke: il n'est ni scientifique, ni praticien, mais on
le cite néanmoins souvent comme s'il s'agissait d'un "expert" en
matière de Ritalin.
Le CCHR appuie aussi les tentatives récentes destinées à expulser
la fluoxétine (Prozac) du marché; ils ont fait campagne
de mailing auprès de nombre de sénateurs ou députés
américains et aident la "défense Prozac" -
il s'agit là de gens incriminant à leur usage du
Prozac des crises de violence. Des tactiques similaires stigmatisent
les électrochocs (ECT), et ont eu des effets: ils ont ainsi
réussi à pousser les membres de la FDA à reconsidérer
le classement des appareils d'ECT, qui ont été placés
en classe 3 au lieu de Classe 2. La classe 3 correspond aux outils
présentant des risques considérables, exigeant donc
des autorisations de mise sur le marché, comme par exemple
les valves cardiaques artificielles, tandis que la Classe 2 correspond
aux appareils fiables du genre radiologie). Le CCHR a par
ailleurs soutenu les statuts actuels californiens, opposés à l'ECT,
lesquels ont imposé des restrictions rigides à son
usage, ce qui eut pour effet de nombreux cas de patients continuant
inutilement à souffrir du fait que le traitement indispensable
leur était refusé. Il existe aussi un petit
groupe de patients soumis à l'ECT, et leurs familles, qui
rendent grâce au traîtement et ont constitué une
association tentant de faire annuler ces nouveaux statuts, en raison
du droit constitutionnel: c'est le procès Doe contre O'Connor.
Le CCHR remue fréquemment du monde, Clarke en tête,
pour protester contre l'ECT, le Ritalin le Prozac et la psychiatrie
en général, lors des congrès annuels de l'APA.
Lors de ces manifs, les scientologues, accompagnés parfois
de patients déçus recrutés pour l'occasion,
manifestent avec panneaux, banderoles et tracts dénonçant
la psychiatrie, allant jusqu'à interrompre les réunions
lorsqu'ils parviennent à se faire admettre à l'intérieur.
Ils portent parfois des tee-shirts annonçant "LA PSYCHIATRIE
TUE". Des avions tirant des banderoles ornées du même
slogan peuvent survoler la foule. Ils tiennent aussi ce genre de
démonstration devant certains établissements, comme
l'hopital neuro-psychiatrique de l'UCLA. On y aperçoit souvent
les médias régionaux, invités qu'ils sont
par les organisateurs du spectacle.
Un autre groupe de façade influençant la psychiatrie
est Narconon, entreprise internationale prétendant réhabiliter
les drogués, mais servant essentiellement de programme de
recrutement pour la secte. Narconon a vu le jour vers la fin des
années 60: Williiam C. Benitez l'a fondé lorsqu'il était
encore écroué à la prison d'état d'Arizona.
Il dit avoir basé son programme sur les écrits hubbardiens.
Lorsque les autorités carcérales l'autorisèrent à le
pratiquer sur certains détenus, Benitez contacta Hubbard
qui y vit un moyen d'augmenter les revenus scientologues, ainsi
qu'une façon de faire pénétrer la scientologie
dans d'autres prisons ou dans le public. C'est peu après
que Narconon prenait tournure organisée - en 70 - sous la
direction de Benitez et de deux cadres supérieurs scientologues,
Arthur J. Maren et Henning Heldt. Le QG central est actuellement à Los-Angeles,
avec des antennes un peu partout aux USA et ailleurs. Certaines
ont été fermées en Italie et Espagne, par
exemple, leurs employés étant poursuivis pour incurie
médicale, escroquerie, conspiration dans le but d'extorsion
et détention illégale. L'Amérique du Nord
n'en est pas arrivée là.
Les cinq étapes du programme comprennent le sevrage, la
désintoxication, la sudation en sauna, un cours de communication
et des cours de traîtement "pour améliorer l'étude" "acquérir
un contrôle sur la vie" et "vivre une vie éthique":
il s'agit des mêmes cours compilés d'après
des oeuvres d'Hubbard, que ceux enseignés dans les
missions et organisations scientologiques. Chaque cours est en
fait une succession d'auditions dianétiques supposées
débarrasser l'individu de ses attitudes, émotions
et comportements indésirables: ils mènent en général
la personne à signer des contrats payants pour des cours "plus
avancés" qui impliqueront plus complètement
la personne en scientologie.
Comme l'expliquait l'article de juillet dernier,
l'audition dianétique
offre une série d'étapes de cours censés thérapeutiques, à base
de l'amalgame psycho-science-fictif hubbardien, sur fond de psychologie
populaire, d'hypnose et de cybernétique. Les auditeurs y
reçoivent des cours techniques. Cela fonctionne selon un
schéma pyramidal, les gens du dessus auditant ceux d'en
dessous et ainsi de suite. Ces cours Narconon sont, comme tous
ceux du début en scientologie, une introduction en scientologie:
c'est le niveau inférieur de la pyramide. Jerry Whitfield,
ex-cadre de Narconon à El Paso, explique comment on le pressait
d'expédier ses recrues sur le "PONT" de progression
scientologique - ce pont est un ensemble de procédés
regroupés sur un grand diagramme; il expliquait aussi comment
on exigeait de lui des statistiques hebdomadaires décomptant
les recrues. Celles-ci sont leurrées par de vaines promesses
de progression lors de séries de cours: elles espèrent
alors pouvoir se débarrasser définitivement d'émotions
désagréables ou de souffrances de l'existence, voire
des effets des radiations thermonucléaires, etc, etc.
La procédure de désintoxication scientologique,
la "méthode Hubbard" de Narconon, c'est la "Procédure
de Purification" ou "Cure de Purification" (Purif).
Elle est censée déloger les toxines et drogues situées
dans les tissus graisseux, au moyen d'une série rigoureuse
d'exercices physiques et de sauna (jusqu'à 5 heures quotidiennes,
sept jours sur sept, plus de trente jours d'affilée parfois).
Les risques de déshydratation sont évidents. On sait
qu'il y a eu au minimum un décès dans le purif. La
base rationalisée indiquant que la sudation ferait sauter
les toxines ne s'appuie sur aucune étude scientifique. La
plupart des excès de médicaments ressort immédiatement
du corps par excrétion, par l'action du foie, des reins,
voire des poumons. On peut certes trouver des quatités infimes
de toxines dans la sueur, mais le pourcentage par rapport au reste
est si faible que l'usage intensif de sudation, de sauna et d'exercice
n'augmentera pas de façon significative la détoxification.
Les scientologues publicisent néanmoins cette méthode
de manière aggressive auprès des employeurs publics
et privés dont les collaborateurs pourraient être
exposés à des manipulations toxiques dans leur travail.
Narconon tente désormais d'obtenir une licence définitive
pour une institution proche de Newkirk, Oklahoma. Il s'agit du
second centre en internat des USA, les autres pratiquant
en externat. L'église de scientologie reprit en 1989, avec
bail de 25 ans, l'école indienne de Chilocco jusque
là partagée entre cinq tribus. Lors d'une cérémonie
préconvenue, les résidents furent très impressionnés
par un "mécène" - ABLE - présentant
un chèque de 200 000 dollars à Narconon. Mais ABLE
(association for a better living and education) n' est qu'une autre
façade scientologue, partageant les locaux mêmes de
Narconon à Los Angeles. Les officiels de Narconon Chilocco
ont vigoureusement nié tout lien avec la scientologie, après
que les résidents du Comté de Chilocco aient protesté vivement
contre toute accord de licence à Chilocco.
Les vendeurs de Narconon sollicitent constamment les professionnels
de la santé en tout genre, ainsi que les campus universitaires.
Du fait de son titre sur mesure, Narconon est souvent confondue
avec NA (Narcotiques Anonymes), groupe d'assistance méritoire
similaire à AA (Alcooliques anonymes). La façon dont
Narconon s'y prend pour acquérir une apparence de respectabilité est
typique des méthodes sectaires. D'autres, comme les Moonistes
(l'église de l'unification), l'église universelle
et triomphante ou d'autres entreprises aux poches bien pleines,
emploient ainsi des experts en relations publiques et des cabinets
de ténors du barreau: ils ne sont déjà que
trop près d'avoir acquis la légitimité qu'ils
désirent tant.
Le Pr. West est professeur de psychiatry,
School of Medicine,
University of California, Los Angeles."
"Scientologie
III"
L. J. West, M.D.
publié par "The
Southern California Psychiatrist,"
Octobre 1991, pp. 13-15.
Dans les précédents articles consacrés à la
scientologie dans ces colonnes, je décrivais comment elle
s'y prend pour accéder à une apparence de respectabilité et
attirer de nouveaux membres, et pour discréditer ses critiques.
Voici la suite de l'histoire, où nous intéresserons
surtout aux groupes de façade de la secte dont le but est
d'améliorer la crédibilité publique et de
créer de nouvelles portes d'entrée génératrices de
chiffre d'affaires.
Hubbard croyait que les célébrités pourraient servir à promouvoir
la scientologie. Il s'est donc particulièrement efforcé de recruter
des gens viables et ayant réussi. La scientologie essaya vainement de
recruter des célébrités comme Marlène Dietrich,
Ernest Hemingway, Greta Garbo et Howard Hugues, dans les années 50. John
Travolta ou le footballeur John Brodie la créditèrent finalement
de leur réussite, au cours des années 70. Puis d'autres stars
comme Tom Cruise et Kirstie Alley. Il existe un réseau de "Centres
des Célébrités" qui recrute dans ces milieux; le
plus fameux d'entre eux est le Hollywood's Celebrity Centre International,
logé dans l'ancien hotel Manor, énorme maison kitsch des années
20.
L'un des derniers développements de
la secte est son hypothétique procédure de désintoxication,
la "cure de purification" ou "purif". On l'utilise
dans la secte conjointement à des "auditions" dianétiques
- sorte de procédures psychothérapeutiques à but
d'amélioration individuelle. Chez Narconon, on l'appelle
la "méthode Hubbard". Elle sert à déloger
les toxines qui seraient à l'intérieur des tissus
graisseux, grâce à un ensemble d'exercices physiques,
de sauna, de forts dosages de vitamines - absorbé selon
une progression rapide. Aucune base scientifique aux prétentions
de cette cure. J'avais souligné lors de précédents
articles les effets néfastes que peuvent causer des séances
prolongées de sauna et de prise excessive de vitamines.
L'organisation scientologue
de façade dénommée "FASE" (The
foundation for advancement of science and education) sponsorise
pourtant des "études scientifiques" (dont l'essentiel
est mené sous la baguette de scientologues ou d'officiers
de cette fondation) sur la méthode Hubbard: on peut s'attendre
aux résultats préconçus. L'un des bénéficiaires
de FASE se trouve être la Clinique HealthMed, également
gérée par des scientologues, et administrant le traîtement
Hubbard dans ses locaux de Los Angeles et Sacramento. Grâce à ces
recherches sponsorisées par FASE afin de légitimer
le traîtement, HealthMed parvient à attirer
de nouveaux clients , donc à payer d'autres "études" qui
engendreront davantage de chiffre d'affaire et permettront de pousser
d'autres gens en scientologie.
On trouve bien d'autres façades
scientologiques utilisées pour parfaire la pénétration
de la société, même au sein des professions
scientifiques ou de santé. La branche scientologue connue
sous le nom de WISE (world institute of scientology enterprises)
sert ainsi de "consultant en management" à divers
professionnels. On leur inculque les "plans de management
Hubbard" et on en profite aussi pour recruter de nouveaux
membres. Cela commence par la distribution de tests de personnalité -
qui découvriront inévitablement des défauts
personnels capitaux - aux cadres et au personnel des entreprises;
pui on les encourage à acheter des cours scientologiques
progressivement de plus en plus coûteux, supposés
corriger les défauts soulignés par ces tests.
Deux entreprises de ce type
opèrent dans la région
de Los Angeles: la première , "l'Advisory", est à Burbank.
Son patron est Arthur J. Maren: il est aussi l'un des trois signataires
de la charte fondant Narconon. Cette affaire sollicite des médecins
par des mailings, leurs adresses ayant été préalablement
achetées à l'association médicale de Los Angeles.
L'autre affaire, beaucoup plus importante, c'est Sterling Mangament
Systems. Elle cible les dentistes et spécialistes du domaine
médical, ainsi que les vétérinaires et autres.
Son QG est à Glendale, mais elle est d'ampleur nationale
du fait qu'elle vend des séminaires attirants grâce à de
luxueuses brochures. Elle s'étend vite. Le journal des affaires
de LA la citait parmi les 35 meilleures expansions du comté de
LA. Sterling distribue des matériaux promotionnels aux praticiens,
par exemple "To-days professional, le journal de management
pour une Pratique qui marche", dont une partie du contenu
est hubbardien.
Sterling fut fondée en 83 par Gregory K. Hugues, dentiste
de Vacaville, Californie. Il se présente à ses propres
séminaires des "Dentistes qui réussissent" comme
une preuve vivante de la valeur des méthodes hubbardiennes.
Il ne parle pas des poursuites en justice que d'anciens patients
ou ses associés lui ont intentées pour incurie professionnelle
ou négligence, ni du fait qu'il ait été sous
enquète du Conseil de l'ordre des dentistes en Californie.
Sterling commence en offrant
un séminaire d'introduction
de trois heures aux membres des professions médicales. Les
participants reçoivent alors les conseils de base de management
et sont vivement encouragés à signer de suite (accompagnés
de leur époux ou épouse) un supplément de
12 ou 14000 dollars d'audition scientologique délivré en
Californie. Il s'agit de séances quotidiennes de douze heures,
durant lesquelles le cours de communication de base de la sciento
est délivré, ainsi que d'une série de cours
optionnels. Les clients sont poussés à aborder les
problèmes de leur vie intime.
L'information privée alors recueillie a été ensuite
utilisée pour faire payer d'autres sommes aux clients. On
les persuade à prendre les cours dianétique (le moins
cher coûtant 3000 dollars) pour corriger leurs problèmes
- révélés par le test de personnalité ;
on les pousse à acheter des livres scientologiques, des
textes divers de romans d'Hubbard (décomptés 2000
dollars), un système de rendez-vous à 800 dollars,
ou d'autres services. Les cours en supplément coûtent
5 à 18000 dollars l'un, les livres, plusieurs centaines
de dollars. Voici un cas réel.
Le Dr et Mme Robert Geary, un dentiste de l'Ohio et son épouse,
disent qu'en cinq mois, ils ont versé 200000 dollars à la
scientologie, en 1988. Sous la pression constante du programme
Sterling, le couple s'avéra incapable de ne pas signer les
chèques qu'on lui demandait. Lorsque le Dr Geary voulut
partir, les scientologues kidnappèrent
son épouse et la maintinrent à l'écart
deux semaines durant: elle était censée devenir "claire" par
leurs soins.
Lorsque les scientologues
refusèrent de dire au Dr Geary
où se trouvait son épouse et ce qu'elle faisait,
il contacta l'avocat de la famille, qui eût tôt fait
d'alerter le FBI en Ohio et en Californie. Mme Geary put rentrer
chez elle peu après, mais "dans un état émotionnel
et physique catastrophique". Les Geary avertissent depuis
lors tous les professionnels des risques de Sterling Management
et de la scientologie. D'autres victimes traumatisées commencent
aussi à exposer leurs expériences malheureuses et
le prix qu'il leur en a coûté.
Récemment, l'intérêt soulevé par la
scientologie s'est accru en raison d'articles de fond parus dans
le Times du 6 mai 1991 et dans d'autres périodiques comme
le California Magazine de Juin 91. La secte réagit en augmentant
de beaucoup ses dépenses de relations publiques et ses publicités,
passant par exemple de pleines pages dans USA TODAY, et des annonces
télévisées.
Etant psychiatre ayant étudié les pratiques
des sectes totalitaires depuis des années, ayant souvent
observé les torts causés aux adeptes et à leurs
familles, je continue à observer les activités de
l'église de scientologie detinées à recruter
de nouveaux membres, ou faire taire les critiques, acquérir
une influence politique et économique par le mensonge délibéré,
la désinformation, le secret, le harrassement, ou en déviant
les flèches. Il me semble qu'il devrait exister des moyens
et remèdes sociaux légaux pour venir à bout
de la scientologie, en prenant appui sur des traditions de protection
des consommateurs (comme cela se produit dans le domaine de la
santé), ou en usant d'autres systèmes légaux
destinés à obtenir redressement des dommages civils
ou autres.
Nos lois et codes d'éthique acceptent la vulnérabilité des
gens face à la tromperie et l'intimidation. Ils admettent également
le fait que les relations spécialement basées sur
la confiance (confiance dont bénéficient par exemple
les médecins, infirmières, psychologues, travailleurs
sociaux, avocats, pasteurs etc) peuvent faire l'objet d'exploitation.
Déçus et détruits par les méthodes
hubbardiennes, les "consommateurs" devraient non seulement
pouvoir poursuivre l'église de scientologie, mais aussi
Narconon, Sterling management, et d'autres façades scientologues,
lorsque des pertes et dommages ont été subis. Pour
obtenir ces dommages ou recouvrer ces pertes, il est évident
que les plaignants doivent en faire les preuves, ce qui exigera
des enquètes, des témoins et des procédures
en justice. La preuve est néanmoins possible: ces procès
devraient donc permettre l'obtention de dommages auxquels la scientologie
ne pourrait échapper sous prétexte de religion. Voici
dix ans, ce type de procès était fort rare. Leur
nombre augmente actuellement, et certains ont réussi. Inutile
de dire que les efforts de la scientologie pour discréditer
les témoins experts dans ces affaires ont été gigantesques
et vicieux au possible.
Lors de ces procès, les torts causés par la scientologie
peuvent s'estomper au fur et à mesure que les vitimes et
leurs familles trouvent refuge auprès des lois; il est hélas
très difficile pour des gens se trouvant dans ces conditions
d'engager de telles poursuites. J'espère néanmoins
qu'au nom des quelques rares personnes décidées à engager
ces actions, au nom de celles qui sont encore sous contrôle
ou de celles qui ne sont pas encore recrutées mais encourent
ce risque, des sanctions légales seront de plus en plus
souvent prises par les tribunaux, avec l'aide d'experts des professions
de la santé compétents en ces matières.
Le progrès dépend surtout ici de l'interêt
grandissant que montreront ceux qui travaillent dans les domaines
de la santé mentale vis à vis de la psychopathologie
et de la psychothérapie appliquées aux victimes de
sectes, car ces pauvres gens et leurs familles se tournent vers
nous de plus en plus fréquemment.
Pr WEST, UCLA
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